5 choses à savoir sur Sally Mann



 1. Elle utilise un procédé photographique du XIXe siècle

Dès les années 1990, l’artiste utilise un procédé datant du XIXe siècle, le collodion humide. Ce procédé consiste à enduire une plaque de verre d’une substance visqueuse appelée collodion. La plaque est ensuite immergée dans une solution de sels d’argent qui réagit avec les sels du collodion et devient sensible à la lumière. Contrairement aux premiers photographes ayant utilisé cette technique, Sally Mann a rapidement été attirée par les imperfections permises par ce procédé, sortes de tâches et rayures dues à de la poussière, ou encore des marbrures laissées par les produits chimiques employés.


  2. La littérature a une place importante dans son œuvre

Sally Mann a toujours affirmé l’importance de la littérature pour son art, précisant qu’il lui avait fallu réconcilier deux désirs : devenir écrivaine et devenir photographe. Ses images, à la fois transcendantes et tremblantes, intrépides et lugubres, sont comme une poésie argentique qui compose une élégie à l’héritage troublé.

Faulkner, Poe, Wordsworth, Pound – ils ont tous nourri mon travail et mes photographies sont l’hymne que leurs mots m’inspirent en retour.
Sally Mann, 2007


 3. Son travail repose sur l’évocation d’un lieu : le Sud des Etats-Unis

Née en 1951 et originaire de Lexington (Virginie), Sally Mann a cherché toute sa vie à raconter ce que signifie vivre dans le Sud des Etats-Unis. Elle voulait capter l’oppressante chaleur du lieu, sa lumière radicale et sa pure et intemporelle beauté naturelle. S’appuyant sur un amour profond pour sa terre natale et sur une bonne connaissance de son héritage historique complexe, elle pose des questions fortes et provocantes qui transcendent les frontières géographiques et nationales.


 4. Elle s’inspire de son histoire personnelle pour mieux comprendre l’histoire de son pays

Au début des années 2000, Mann entreprend une réflexion introspective, cherchant à repérer comment la question raciale, l’histoire et la structure sociale de l’Etat de Virginie ont façonné sa propre enfance et son adolescence. En effet, Sally Mann a été élevée principalement par Virginia Carter, sa nourrice afro-américaine, qu’elle surnommait affectueusement Gee-Gee. Devenue adulte, elle du faire l’épreuve du « paradoxe fondamental du Sud : qu’une élite blanche, déterminée à séparer nettement les races en public, puisse en privé fonder le fonctionnement intime de son foyer sur un effacement de cette même ségrégation ».


 5. Elle prend pour modèles ses enfants

Les protagonistes de ses photographies, réalisées entre 1985 et 1991, sont ses enfants – Emmett, Jessie et Virginia –, que l’artiste nous montre parfois nus et à l’occasion accompagnés de son mari, Larry, dans l’environnement du chalet que la famille occupe l’été, au bord de la rivière. Evitant le sentimentalisme souvent associé à l’âge tendre, elle en photographie les activités et mésaventures quotidiennes, ainsi que la complexité psychologique de l’enfance. Elle crée ainsi des images qui évoquent la liberté et la quiétude de jours paisibles consacrés à l’exploration des paysages environnants le sanctuaire champêtre de la famille.

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