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TINSELWOOD © Marie Voignier et Les Films du Bilboquet

Cycle de cinéma

Tinselwood

de Marie Voignier

Samedi 18 avril 2026 • 14:30

Jeu de Paume - Paris

Séance présentée par Isabelle Alfonsi, historienne de l’art et directrice de la galerie Marcelle Alix

Au cœur du sud-est camerounais, Tinselwood se déploie comme un paysage-mémoire dont les strates apparaissent séquence après séquence, dans un lent processus. Marie Voignier filme les vestiges silencieux des concessions coloniales allemandes et françaises. Elle regarde les arbres immenses, les pistes rouges tracées par le travail forcé, les infrastructures à l’abandon. L’écosystème de la forêt devient sous son objectif un monde complexe où l’on devine l’empreinte laissée par l’industrie extractiviste. Le dispositif est discret mais puissant : la cinéaste traque les traces. Elle n’oublie pas les humains. Elle regarde les bûcherons au travail, les orpailleurs clandestins, les récits de rituels de sorcellerie. Et ceux du travail forcé. Fidèle à ses obsessions,

Marie Voignier rend ici palpable le glissement entre mythe, mémoire et économie de survie, en conservant sa distance habituelle. Tinselwood révèle surtout la persistance des traces coloniales. Comme dans L’hypothèse du Mokélé-mbembé, la forêt tropicale devient une surface de projection des fantasmes occidentaux. Dans cette forêt se nouent les traces de l’exploitation et la relecture d’empreintes historiques qui fondent la mémoire collective de cette région du Cameroun.

France, Allemagne, 2017, couleur, 82 min, vf et vo st fr

Texte de Benoît Hické