Aller au contenu principal Aller à la navigation Aller à la recherche Aller au calendrier
Jeu de Paume
  • Toute la programmation Expositions Cinéma Visites commentées Événements Enfants et familles Cours & Conférences
  • Horaires & Accès Tarifs Groupes Accessibilité Café-terrasse Rose Bakery FAQ
  • Qui sommes-nous ? Salle de cinéma Notre histoire Création en ligne La Médiathèque
  • Abonné⸱es au Pass Image Enfants & Familles Étudiant⸱es / – de 25 ans En situation de handicap Enseignant⸱es / Animateur·ices Relais du champ social Journalistes Entreprises
  • Les Amis du Jeu de Paume Devenir mécène Privatiser le Jeu De Paume
  • Librairie
  • Cinéma
  • Billetterie

Recherches les plus populaires

Madeleine de Sinéty Fragile beauté Tarifs Horaires et accès Pass Image

INFO

Le Jeu de Paume est actuellement fermé en raison du montage des expositions Fragile beauté. Photographies de la collection de Sir Elton John et David Furnish et Madeleine de Sinéty. Une vie. Réouverture le 12 juin.
Peter Hujar, Queens Landscape, 1984. The Morgan Library & Museum. Purchased on the Charina Endowment Fund. © Peter Hujar Archive, LLC, courtesy Pace/MacGill Gallery, New York and Fraenkel Gallery, San Francisco

Archive magazine (2009 – 2021)

New York underground

Malgré son thème familier – la silhouette des buildings de New York – et sa composition classique en deux plans distincts, cette photographie de Peter Hujar est déroutante.



Queens landscape, dit la légende : c’est néanmoins Manhattan qui défile à l’horizon. Comme si le titre invitait à rompre avec les clichés habituels de ce panorama urbain, et à ne l’envisager que comme le simple fond d’un paysage tout entier concentré dans le terrain abandonné et chaotique du premier plan. Il y a là une question posée au regard : comment voir ensemble les deux parties de l’image, que tout paraît opposer ?

L’Incendie à Hoboken de Cartier-Bresson (1946), dont l’image de Hujar présente, intentionnellement ou non, un rappel thématique et formel, constitue un utile terme de comparaison. Dans sa moitié supérieure, la photographie de Cartier-Bresson laisse deviner, dans un lointain un peu flou, la silhouette des immeubles de New-York, tandis qu’au premier plan, les ruines laissées par un incendie sur les rives de l’Hudson offre le spectacle désolant de traverses de bois effondrées et entremêlées. Par un effet de perspective, elles semblent éloigner la ville, que le regard, entravé par ce désordre visuel, tente d’atteindre malgré tout.

L’image de Peter Hujar, elle, est étrangère à toute perspective et à toute volonté de dépassement : sa partie inférieure n’est pas tendue vers sa zone supérieure. Toutes deux, au contraire, très nettes, s’étalent à plat en mondes visuellement parallèles, que la mince frontière de l’East River distingue sans les séparer tout à fait. Le premier plan occupe les deux tiers de l’image, et conduit le regard à se perdre dans le magma de ce qui semble être une décharge à ciel ouvert, conquise sur un ancien site d’activités portuaires. Les lignes droites et nettes de Manhattan y perdent leur rigueur. Le squelette d’une poutrelle métallique trace un segment horizontal sans relief saillant. Écho dérisoire à la verticalité et à l’alignement des gratte-ciels, une végétation sauvage se dresse au milieu des décombres, aussi mal assurée que les poteaux et les montants des grilles dans la zone gauche de l’image. Une bâtisse désaffectée rappelle que le lieu, malgré sa précarité, n’a pas perdu toute référence à la dimension de l’habitable.

Faut-il voir dans le partage de l’image deux lieux étrangers l’un à l’autre, que ne relierait que leur exclusion mutuelle : ou bien les formes nettes de la cité de verre et d’acier, ou bien l’informe et l’abandon qui poussent à ses marges ? Il est sans doute plus fécond de tenter de penser leur coexistence dépolarisée, peut-être leur unité. Aucun lieu ne nie l’autre. Car de même que les morts cohabitent avec les vivants dans d’autres photographies de Peter Hujar, de même la face cachée ou méconnue de la ville est ici mise en avant : non comme son autre ou son envers, mais comme son visage « underground », sa défiguration qui pourtant la constitue et la figure aussi.


Étienne Helmer


Étienne Helmer enseigne la philosophie à l’Université de Porto Rico (États-Unis). Ses travaux portent principalement sur la pensée économique, politique et sociale des mondes grecs, ainsi que sur la philosophie de la photographie. Son dernier ouvrage vient de paraître : Ici et là. Une philosophie des lieux (Verdier, 2019).


« Peter Hujar. Speed of Life »
Peter Hujar / librairie

Programme de la semaine

Expositions

Polynesia 66, carnet de constellations - En ligne

Ed Alcock - Tours

Activités

Polynesia 66, carnet de constellations

Exposition

Ed Alcock

Exposition

Cinéma

Aucune séance disponible.

Inscrivez-vous !

Toutes les informations et exclusivités du Jeu de Paume sont dans notre newsletter

Your personal information
Choisissez vos centres d'interêts :
Vous êtes un professionnel ? Indiquez votre domaine d’activité :
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment en cliquant sur le lien présent dans nos emails

Envoi en cours…

Logo du ministère de la Culture

Mécène privilégié

Logo Jaeger-LeCoultre

Les Amis du Jeu de Paume s'associent à ses activités

Logo Les Amis du Jeu de Paume
Tous les mécènes du Jeu de Paume
Offres d’emplois FAQ Contact Mentions légales Politique de confidentialité Appels d’offre Accessibilité : non conforme