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Stanley Greene
Depuis la mort de sa fille, les yeux de Zelina se perdent souvent dans le vague.
« Je suis déjà morte, dit-elle. Si seulement le temps pouvait venir plus vite ! ». Groznyï, avril 2001
© Donation Stanley Greene, Ministère de la Culture (France), MPP, diff. NOOR

Exposition

STANLEY GREENE

Le parti de la révolte

Du 04 décembre 2026 au 23 mai 2027

Jeu de Paume - Tours

Né à Brooklyn de parents comédiens afro-américains engagés pour les droits civiques, Stanley Greene reçoit en héritage une vocation artistique sans concessions et le choix politique de la lutte contre l’injustice. Il s’inscrit néanmoins en rupture avec sa famille et porte cette double conviction sur des terrains qui lui sont propres, d’abord en ralliant la scène punk de San Francisco, puis en menant la vie nomade d’un photoreporter. Le monde de la nuit, de la musique underground et des drogues ouvre un espace fondateur d’expérimentation artistique et de contestation radicale. Son goût du risque et des extrêmes le conduit sur les théâtres de plusieurs conflits armés, en particulier en Tchétchénie, cette « plaie à vif » qu’il s’efforce de rendre visible.

Stanley Greene ne quittera jamais le parti de la révolte, dénonçant la domination et la violence à travers ses reportages, ses livres, ses expositions et ses films. S’imposant comme une figure emblématique de la photographie engagée, il façonne sa propre mythologie pour mieux servir les causes dont il est devenu le porte-parole et habite son personnage romantique avec sincérité, rendant difficile les tentatives de démêler le récit des faits exacts. Son autobiographie, Black Passport, décrit sa vie comme un film à rebondissements. Il n’en reste pas moins un journaliste attentif aux impératifs déontologiques propres à sa profession et à la nécessité de produire des images fiables, documentées avec précision pour être publiées dans la presse avant de rejoindre son épopée romanesque. Sa vaste production photographique témoigne de sa quête de justice aux côtés des personnes marginalisées et opprimées.

Commissaires : Clara Bouveresse et Matthieu Rivallin