
Archive magazine (2009 – 2021)
Un parcours dans l'exposition “Raoul Hausmann. Un regard en mouvement”
Ève Lepaon et Cécile Tourneur, conférencières et formatrices au Jeu de Paume, proposent ici un aperçu du parcours commenté qu'elles réalisent dans l'exposition « Raoul Hausmann. Un regard en mouvement ».







vers 1931 © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn.
À droite : Autoportrait, 1931 © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn À partir de 1927, Raoul Hausmann séjourne de plus en plus fréquemment et longtemps au Nord de l’Allemagne, notamment sur l’île de Sylt, afin d’échapper au climat oppressant de Berlin. Il promène son regard contemplatif, méditatif, sur les paysages naturels de la mer du Nord, s’intéressant aux éléments les plus simples : la lumière du soleil qui sculpte les visages, la matière du sable fin ou solidifié par l’eau, les sensations inhérentes au contact du corps avec le sol. Dans l’autoportrait à droite, il se représente avec un œil serti d’un monocle, rappelant le miroir grossissant présent dans Raoul Hausman Fot.Mont, une façon de voir plus précisément, de « microscoper le monde » selon les propos de la commissaire de l’exposition Cécile Bargues. Le regard d’Hausmann, orienté vers le bas et le hors champ, semble se diriger vers la vue en plongée sur ses pieds placée à gauche de l’autoportrait. Le passage d’une image à l’autre s’effectue par un effet quasi-cinématographique, un raccord regard imparfait qui véhicule une attention portée au banal, au quotidien. La forme arrondie des galets en bord de mer rappelle celle du monocle, accentuant encore les échos entre les photographies, des points de jonction infimes à travers lesquels éclate une perception visuelle et haptique aiguisée.



Vue de l'exposition « Raoul Hausmann. Un regard en mouvement” au Jeu de Paume, Paris.







vers 1931 © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn.
À droite : Autoportrait, 1931 © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn À partir de 1927, Raoul Hausmann séjourne de plus en plus fréquemment et longtemps au Nord de l’Allemagne, notamment sur l’île de Sylt, afin d’échapper au climat oppressant de Berlin. Il promène son regard contemplatif, méditatif, sur les paysages naturels de la mer du Nord, s’intéressant aux éléments les plus simples : la lumière du soleil qui sculpte les visages, la matière du sable fin ou solidifié par l’eau, les sensations inhérentes au contact du corps avec le sol. Dans l’autoportrait à droite, il se représente avec un œil serti d’un monocle, rappelant le miroir grossissant présent dans Raoul Hausman Fot.Mont, une façon de voir plus précisément, de « microscoper le monde » selon les propos de la commissaire de l’exposition Cécile Bargues. Le regard d’Hausmann, orienté vers le bas et le hors champ, semble se diriger vers la vue en plongée sur ses pieds placée à gauche de l’autoportrait. Le passage d’une image à l’autre s’effectue par un effet quasi-cinématographique, un raccord regard imparfait qui véhicule une attention portée au banal, au quotidien. La forme arrondie des galets en bord de mer rappelle celle du monocle, accentuant encore les échos entre les photographies, des points de jonction infimes à travers lesquels éclate une perception visuelle et haptique aiguisée.



Vue de l'exposition « Raoul Hausmann. Un regard en mouvement” au Jeu de Paume, Paris.